Hiru Erregeen Mahaia, au sommet du Pays basque

Rendez-vous mondain, en altitude,
des Rois de Béarn, Aragon et Navarre. (1)
Cliquer sur les photos- diapos-  pour les agrandir.
 Plan du parcours. En rouge, portion entre Table et Pic

Sur le sentier en direction du collado de Linza.
Au second plan, Chinebral de Gamueta.

Petrechema/Ansabère, versant sud.

Ezkaurre, depuis le sentier de Linza.

Budogia et Trois Rois/ Hiru Erregeen Mahaia.

Fin de la crête Ouest
d'Hiru Erregeen Mahaia / Mesa de los Tres Reyes.

Pic des Trois Rois  / Hiru Erregeen Mahaia,
crête finale

Petite cheminée entre Table et Pic

Depuis le sommet
d'Hiru Erregeen Mahaia / Mesa de los Tres Reyes,
le Pic d'Anie et le Soumcouy.

Peneblanque et Billare, depuis les Trois Rois.
Au second plan, Orgues de Camblong.

Ansabère, puis Acherito, Gamueta, Peña Forca,
depuis le sommet d'Hiru Erregeen Mahaia.

Ukerdi depuis la montée vers les Trois Rois.
Au fond, à gauche, Pic d'Orhy.

Billare, lac de Lhurs, Table des Trois Rois
(masquant en partie le Dec de Lhurs),
depuis la Mesa de los Tres Reyes / Hiru Erregeen Mahaia.

Arrivée au sommet du
Pic des Trois Rois/  Hiru Erregeen Mahaia / Mesa de los Tres Reyes.
Au second plan, Table des Trois Rois.
Au loin, Pic du Midi d'Ossau.

7 août 1991:
On s'interroge parfois sur l'origine béarno-aragono-navarraise d'Hiru Erregeen Mahaia / Mesa de los Tres Reyes ou Pic des Trois Rois...

Sur ce point, n'allez pas demander la solution de l'énigme à un Navarrais, il vous répondra tout simplement qu'il s'agit du point culminant de Navarre et par conséquent de tout le Pays Basque/Euskalerria.(2) Effectivement, le Pic lui-même est situé en territoire navarrais alors que la Table des Trois Rois, très proche à  l'Est, est un sommet frontalier, au carrefour des 3 anciens Royaumes devenus Provinces... 

Avec ses 2444m (3), ce sommet est également très apprécié de tous ceux qui l'ont approché par la vallée d'Aspe (plateau de Sanchèse, voire le rude col de Lhurs), par l'ancien chemin de Belagoa ou par le refuge de Linza. C'est justement par Linza que nous avions franchi, il y a bien longtemps (!...),  les étapes de ce périple assez long, mais magnifique par temps clair. Je n'ai jamais pris le temps d'y retourner. Peut-être un jour...
  • (1) Selon la légende bien sûr...
  • (2) Le point culminant du Pays basque "de France" (Iparralde/Pays basque nord) est le Pic d'Orhy / Orhi (2017m ou 2018m selon les cartes)
  • (3) On trouve aussi une altitude de 2446m et une analyse toponymique complète, dans un récent article - en Espagnol - du site Mendikat

RESUME DU PARCOURS:
Orientation (à éviter par temps de brouillard)
Petit passage délicat entre la Table et le Pic.

Accès route: Depuis Arette, monter au Col de la Pierre St Martin, puis basculer en Navarre en direction d'Isaba. Suivre la route sur 22 kms puis, 3kms avant Isaba, prendre à gauche la route NA-2000 en direction de Zuriza. Passer le col Argibiela et descendre à Zuriza (12kms). Remonter une piste sur 5kms en direction du Plano de la Casa - aires de repos, camping- et du refuge de Linza, construit en 1991.

0h 00: Refuge de Linza, 1340m. Traverser la passerelle et suivre le chemin balisé qui s'élève dans les pâturages à l'ENE.
0h 40: Le chemin, après avoir contourné une colline par la droite, pénètre dans un bassin et atteint en:
1h 00: le Sobrante de Linza, à 1540m. On poursuit à l'Est au-dessus  de la cabane de Linza et on traverse une zone rocheuse assez raide, vers 1750m.
2h 00: Col de Linza, 1936m.On découvre au-dessus de nous la crête de Budogia et des Trois Rois, et à nos pieds la fosse/hoya de Solana. Eviter de s'engager à l'Est sur le sentier de Petrechema/Ansabère et prendre l'autre sentier, en légère descente d'abord vers l'Est, puis immédiatement (environ 50m) vers le NO.

On contourne la vaste dépression, la Hoya de Solana, avant d'atteindre une petite source avec abreuvoirs (1863m). Le sentier se poursuit alors à l'Est et rejoint une cabane métallique située au pied d'une barre rocheuse à 1870m.
2h 45: On parvient à une zone de lapiaz dont l'entrée est marquée à 2020m par un grand cairn.

Il faut alors éviter de monter 30m après le cairn mais sortir de la zone à 2036m (nouveaux cairns bien placés).
Le sentier, d'abord en descente, atteint ensuite une combe à 2011m et monte en terrain chaotique jusqu'à un col à 2340m où apparaît la crête terminale des Trois Rois.
3h 45- 4h: On suit le sentier en corniche sur le flanc sud en ne perdant pas les cairns de vue.

Le sentier se rétrécit et s'engage à gauche dans des rochers, vers la fin de la crête. On suit prudemment cette dernière, bien raide.
4h 15 à 4h 30: HIRU ERREGEEN MAHAIA / MESA DE LOS TRES REYES / Pic des Trois Rois, 2444m (1).
Au sommet, on trouve divers ornements, dont une statuette de Saint François Xavier (2), ainsi qu'une reconstitution du Castillo de Javier / Xabiereko Gaztelua.

On peut ensuite "s'offrir" une visite à la Table des Trois Rois (2421m); située à l'Est et principalement en territoire béarnais, par la crête. Vaste et magnifique promontoire sur les montagnes de Lescun. 
Au retour, nous avions préféré franchir une courte cheminée (I+, voir photo) qui permet de revenir directement au pic.
  • (1) Sur les cartes françaises (IGN), on trouve mention du Pic des Trois Rois (2444m) situé en territoire navarrais et de la Table des Trois Rois (2421m), sommet "frontalier". Sur les cartes espagnoles- voir croquis-, le sommet (pic) porte le nom de "MESA DE LOS TRES REYES" ("HIRU ERREGEEN MAHAIA") dont l'altitude varie de 2438 à 2446m. Or "mesa" en espagnol ou "mahaia" en basque signifient..."table"!!... Comprenne qui pourra...
  • (2) Saint François Xavier, d'origine basque (1506-1552), participa, avec Ignace de Loyola et cinq autres amis, à la fondation de la Compagnie de Jésus. Il passa ensuite une grande partie de sa vie en mission, notamment aux Indes et en Chine, où il mourut en 1552.

Les 3 Clarabide, tiercé dans l'ordre

... enfin, dans l'ordre que l'on veut...
Longue et magnifique course d'obstacles permettant d'admirer
le Haut Louron et les montagnes du Haut Luchonnais.
Cliquer sur les photos pour les agrandir.Plan du parcours depuis la Soula.

Gorges de Clarabide (1er jour).

Refuge de la Soula dans la brume de fin d'après-midi.

Bivouac au-dessus du lac de Pouchergues, vers 2110m.
Au second plan, le jour se lève sur le Schrader/Grand Batchimale.
(2ème jour)

Les 2 cascades au fond du Cirque de Clarabide.

Lac de Clarabide et Fourche de Clarabide.

Névé et couloir d'éboulis fuyants, vers 2850m,
sous le Port de Gias ou Port supérieur de Pouchergues.
Il est préférable de passer à gauche au-dessus du névé.
 Pic oriental de Clarabide (3012m), depuis le Port de Gias

Pic St Saud depuis le Port de Gias.

Sommet du Pic de de Clarabide (3020m).
Au fond, Punta Suelza, puis crête Schrader- Abeillé.

Bardamina- Posets depuis le sommet du Pic de Clarabide

Pico de Gias, puis massif Aneto-Maladeta
depuis le sommet du Pic de Clarabide

Depuis le sommet du Pic de Clarabide,
Pic Lézat , Crabioules, Seil de la Baque.

Depuis le sommet du Pic de Clarabide, le Massif des Gourgs Blancs
(Lourde-Rocheblave, Tour Armengaud, GOURGS BLANCS, Pic Jean-Arlaud),
puis Lézat, Aiguilles de Lézat et Crabioules.

Depuis le sommet du Pic oriental de Clarabide:
Schrader, Lustou, Parraouis, Estos/Arouyette,
et Lac de Pouchergues en contrebas.

Cirque de Clarabide depuis le lac de Pouchergues,
au retour.

19-20 septembre 2008:
Longue et superbe course de fin d'été que j'ai préféré étaler sur un jour et demi, avec un bivouac près du lac de Pouchergues, atteint au petit trot après avoir été surpris par la nuit!

1er jour: Après avoir chauffé les muscles postérieurs dans le bois truffé de panneaux récents... et intéressants, on surplombe les Gorges de Clarabide et on parvient à bride abattue au refuge de la Soula.
La suite est un peu plus escarpée mais bien cairnée jusqu'au lac de Pouchergues où les solutions pour passer la nuit au calme sont nombreuses (près du lac de Pouchergues, rive droite, ou à la cabane Prat-Caseneuve au SO),... ou entre ces deux paddoks comme ce fut mon cas.

2ème jour: la voie, plus rude, s'élève dans le beau cirque, jusqu'au superbe lac "glacé" de Clarabide, avant d'aborder une zone délicate d'éboulis et/ou de neige jusqu'au Port de Gias (ou Port Supérieur de Pouchergues).
La ligne d'arrivée étant proche, il faut alors viser les 3 pointes de Clarabide, peu difficiles en absence de neige. Les longes et harnais sont inutiles, comme pendant toute la montée d'ailleurs...

Mais il est sage de garder quelques forces pour le retour, si l'on doit rejoindre l'automobile ou tout autre moyen de locomotion (moto, vélo, cheval...) au Pont de Prat situé...1900 m plus bas.

Pour les plus endurants, que je n'oserais qualifier de bourrins (!!...), le choix d'une demi-douzaine d'autres 3000- dont le Pico de Gias, tout proche- peut venir s'ajouter au  tiercé dans le secteur.


RESUME DU PARCOURS:
Course longue; éboulis instables sous le Port de Gias.
Carte, boussole, altimètre; GPS utile.

Accès route: depuis l'extrémité du lac de Loudenvielle, prendre au Sud la direction de Pont du Prat et suivre, pendant 10kms environ, la route sinueuse qui s'élève jusqu'à la centrale hydroélectrique.
  • 1er jour: Pont du Prat (1232m)- Bivouac près du lac de Pouchergues (2110m):
0h 00: Pont du Prat, 1232m. On suit le bitume pendant quelques mètres, puis un panneau invite à monter en face, près d'un ancien bâtiment éducatif. On franchit une barrière pour s'élever dans un pré le long d'un grillage, puis on entre dans la forêt.
0h 15: Bifurcation avec le sentier du Port de la Pez , à 1365m
N42°44'31"; E000°24'23.1"- que l'on laisse à droite pour monter dans le bois. Des panneaux suggèrent de suivre le "vrai" sentier et d'ignorer les raccourcis. D'autres panneaux invitent le randonneur à découvrir et à respecter la montagne.
1h 00: A la sortie du bois, le sentier emprunte un défilé impressionnant mais facile, au-dessus des Gorges de Clarabide, pendant environ 30mn. Quelques parapets ont été rajoutés après la Vierge de la Santète.
N42°44'19.5"; E000°24'51.8".

Au terme du défilé, la voie descend vers la gauche pour traverser un pont en direction du refuge de la Soula. On remonte alors vers le Sud pour "viser" le point situé entre les 2 bâtiments.
1h 45 à 2h 00: Refuge de la Soula (1690m). On repère à droite du refuge un panneau indiquant les directions des lacs de Caillaouas à gauche et de Pouchergues à droite.
Prendre à droite le sentier qui descend vers le torrent, traverse une passerelle et en laisse une autre rapidement sur la droite. Il s'élève vers des portions rocheuses (anciennes traces de balisage bleu), franchit un ou deux ressauts et atteint une première croupe à 1841m- N42°43'06.0";E000°25'14.4".
Le sentier redescend vers un plateau, rive droite de la Neste de Clarabide, reste à l'horizontale avant de remonter un défilé rocheux et d'atteindre une deuxième croupe à 1913m. Nouvelle descente vers la Neste de Clarabide.
3h 00: Piquet à 1925m (informations sur la vie des marmottes!!) - N42°42'33.73;E000°26'14.6" - au-dessus d'un ruisseau qu'il faut traverser. Le sentier, toujours cairné, atteint le déversoir à sec du lac de Pouchergues et parvient au verrou du lac. (1)
Après avoir franchi deux petits ressauts, il s'élève enfin vers ce dernier.
3h 30 à 4h, selon chargement: Lac de Pouchergues, 2108m. N42°42'24.2";E000°26'35.8".
On peut bivouaquer sur la rive droite du lac en contre-haut, même si, surpris par la tombée de la nuit, j'ai un peu "tâtonné" avant de poser la tente de l'autre côté, au SO du lac. (1)
  • 2ème jour: Lac de Pouchergues - PICS DE CLARABIDE (3020m, 3008m, 3012m) et RETOUR:
0h 00: Une fois allégé du matériel de campement que l'on peut laisser près du lac, on suit la sente cairnée qui le contourne par la rive droite Nord, au-dessus de l'eau. De l'extrémité du lac, on se dirige à l'E-SE au milieu de blocs, avant d'entrer dans le cirque (N42°42'04.3"; E000°27'19.0"), et de monter en direction du torrent et des 2 cascades situées au-dessus (voir photo).
0h 50: le sentier s'élève en zig-zags en direction des cascades sans les atteindre, puis s'incurve à gauche, peu avant 2300m.
1h à 1h 15: la voie vient heurter un petit ressaut que l'on contourne par la gauche, avant de s'engager vers une petite cheminée où l'on pose les mains (2404m). N42°42'04.0";E000°27'24.1"- Un gros cairn marque la fin de la cheminée et le début d'une zone moins raide.
2h 15 à 2h 30: On parvient près du lac de Clarabide (2648m) que l'on laisse en contrebas: N42°41'59.2"; E000°27'38.6". Le Port de Gias apparaît vers l'Est, au-dessus d'une raide pente d'éboulis de couleur grise. Les premiers cairns se situent dans une zone de rochers rougeâtres. La montée, raide et fuyante, conduit à une dernière cuvette neigeuse, à 2802m. On peut alors opter pour deux solutions:
* Traverser le névé -voir photo- et monter tout droit sur une pente d'éboulis fins très instables, aussi délicate à la montée qu'à la descente. N42°41'54.5";E000°28'05.1".
Passer à gauche et au-dessus du névé, sur des blocs (noirs/rougeâtres), voie que je n'ai pas testée lors de cette ascension, mais qui s'est avérée bien plus sûre lors de celle du Pic des Gourgs Blancs
Les deux options se rejoignent juste avant le col où la pente s'atténue.
3h 30 à 3h  45: Port de Gias ou Port Supérieur de Pouchergues, 2921m.  N42°41"53.2"; E000°28'15.1" 
J'ai d'abord visité le PIC DE CLARABIDE (3020m) -N42°41'41.4";E000°28'03.1"- en me dirigeant en diagonale vers le SE, puis le Pic Occidental de CLARABIDE (3006 ou 3008m selon les cartes), simple éminence terreuse.
Je suis revenu sur mes pas pour faire une halte au Pic oriental de Clarabide (3012m)- N42°41'47.2";E000°28'07.3"- où la vue, aussi vaste que celle de ses voisins, est plus intéressante sur le lac de Pouchergues.
L'accès aux trois sommets est signalé par des sentes faciles, parfois coupées par des langues de neige que l'on peut contourner et qui ne posent pas de problème en fin d'été.

Pour récupérer mon paquetage à Pouchergues, j'ai effectué la descente par le même itinéraire (environ 1900m de dénivelé pour retourner au Pont du Prat...)
  • (1) On peut aussi choisir la cabane de Prat- Caseneuve, restaurée avec goût, située un peu plus bas. Mais celle-ci est à mon avis un peu éloignée si l'on veut grimper le lendemain au(x) Clarabide ou aux Gourgs Blancs par le versant Sud. Elle constitue néanmoins un excellent abri en cas de mauvais temps. On y accède depuis le verrou du lac, au confluent des torrents d'Aigues Tortes et de Pouchergues.

Gourgs Blancs, dans la Cour des Grands

A l'évidence l'un des plus beaux sommets des Pyrénées.
Le Pic des Gourgs Blancs se mérite et force le respect.
Cliquer sur les photos pour les agrandir.
Plan approximatif du parcours depuis La Soula.
Voir ci-dessous la photo de la partie finale de l'ascension

Panneaux anciens, peu après le départ. 1er jour.

Vierge de la Santète, à 1574m - 1er jour.

Cabane Prat-Cazeneuve (2020m), dans la brume du soir.-1er jour

Le Schrader étire ses crêtes jusqu'à l'Abeillé
dans la lumière matinale-2ème jour.

Ibon de Gias (2638m) depuis le Port de Gias (2921m)

Tracé approximatif de la fin de l'ascension par le flanc SUD.
ATTENTION: la photo est prise depuis le Pic de Clarabide;
depuis le Port de Gias, la perspective n'est pas la même.

Brèche -cheminée (avec bloc coincé) à escalader.

La même brèche, vue d'en haut.

Cheminée-couloir terminale

Derniers pas avant le sommet.
Ibon de Gias en arrière-plan.

Posets depuis les Gourgs Blancs.
Au premier plan, Pico de Gias.

Plaque commémorative, en hommage à Jean Arlaud,
au sommet des Gourgs Blancs (3129m)

Grand Quayrat, Lézat, Crabioules, Maupas, Royo,Perdiguero;
Plus près, Tusse de Montarqué et Lac Glacé (ou du Port d'Oô).

Crête des Gourgs Blancs, puis Schrader, Lustou, Vignemale,
depuis le sommet des Gourgs Blancs.

Lac de Caillaouas, lac du Milieu, Hourgade,
depuis le sommet des Gourgs Blancs.
Au fond, Néouvielle, Pic du Midi de Bigorre, Arbizon.

Perdiguero, Seil de la Baque, puis Aneto-Maladeta,
depuis le sommet des Gourgs Blancs.
Au premier plan à gauche, Pic Jean-Arlaud.

Belloc, Spijeoles, Gourdon depuis le sommet des Gourgs Blancs.
Le lac supérieur est à peine visible.

Base de la cheminée-couloir, au retour.

Lac de Clarabide, au retour.

28-29 août 2009:
Le Pic des Gourgs Blancs est l'un des plus beaux sommets des Pyrénées, si l'on en croit les spécialistes toutes générations confondues. Son glacier recule inexorablement, au point que l'ancienne voie normale par le Nord n'est quasiment plus fréquentée. Sur ce versant, elle est remplacée par un itinéraire délicat et croulant sur la fin (couloir nord-est) situé sous la Pointe Lourde Rocheblave. Quant au parcours de crête, rendu tristement célèbre par la mort du pyrénéiste Jean Arlaud (1), il connaît également quelques adeptes et offre des passages spectaculaires.

L'accès par le Sud (Port de Gias) est probablement de nos jours l'itinéraire le plus sûr pour atteindre le sommet, même s'il demande pas mal d'efforts depuis la vallée (Loudenvielle -Pont de Prat versant Nord, ou Eriste-Refuge d'Estos versant sud)
Cette voie fut jadis caricaturée par Russell qui estimait que, depuis le Port supérieur de Pouchergues, "une vache ou un goutteux pourrait faire en ligne droite, l'ascension des Gourgs Blancs..."(!!!!)
Les frères Cadier, dans leur ouvrage "Au pays des isards" (2) donnaient un tout autre point de vue en égratignant Russell au passage: "Si le grand ascensionniste, se fiant moins à ses yeux, eût tenté cette nouvelle voie, peut-être aurait-il abouti à une conclusion toute autre". Et de poursuivre: "Voulant aller en ligne droite, nous suivons la crête, d'abord extrêmement aisée. Elle nous conduit à de tels à-pics, si formidables, que nous doutons un instant de pouvoir atteindre la cime. Et nous devons nous soumettre à des dislocations clownesques, pour vaincre" (2).

Loin de telles acrobaties (!) et grâce à l'habile tracé en diagonale au-dessous de la crête, nous avons connu, par une belle journée d'août, une ascension "propre" et sans mauvaise surprise. La course reste cependant soutenue, peu fréquentée et parfois exposée aux chutes de pierres. Il vaut donc mieux à mon avis ne s'y lancer que par bonnes conditions et en l'étalant si possible sur deux jours.
  • (1) Jean Arlaud fit une chute mortelle sur la crête reliant la Pointe Lourde-Rocheblave et les Gourgs Blancs le 24 juillet 1938. Au sommet, une plaque de marbre, malheureusement brisée en 1985, lui rend hommage.
  • (2) Les cinq frères Cadier: "Au pays des Isards", 1903-1913, pages 39 et 40. Réédité en avril 2003 par MontHélios.

RESUME DU PARCOURS: 
Course très longue (PD-). 
Un peu d'ORIENTATION après le Port de Gias; 
passages d'escalade II en paroi (bon rocher). 
Casque,corde éventuelle. GPS utile
NB: les coordonnées GPS sont en format de position hddd°mm'ss.s", 
selon le système géodésique WGS 84.

Accès route: depuis l'extrémité du lac de Loudenvielle, prendre au Sud la direction de Pont du Prat et suivre, pendant 10kms environ, la route sinueuse qui s'élève jusqu'à la centrale hydroélectrique.
  • 1er jour: Pont du Prat (1232m)- Cabane Prat-Caseneuve (2020m):
0h 00: Pont du Prat, 1232m. On traverse le pont en suivant le bitume, puis un panneau invite à suivre le large sentier jusqu'à un ancien bâtiment éducatif. On franchit une barrière pour s'élever dans un pré le long d'une clôture, puis dans la forêt.
0h 15: Bifurcation avec le sentier du Port de la Pez à 1365m -N42°44'31"; E000°24'23.1"- que l'on laisse sur la droite pour monter dans le bois.
1h 00: On sort de la forêt vers 1570m et on atteint la Vierge de la Santète. N42°44'19.5"; E000°24'51.8". La voie domine ensuite les Gorges de Clarabide pendant environ 25 minutes.
Au terme du défilé, elle descend vers la gauche pour traverser un pont d'où l'on aperçoit le refuge. 
1h 45: Refuge de la Soula (1690m). Repérer à droite du bâtiment un panneau indiquant les directions des lacs de Caillaouas à gauche et de Pouchergues à droite.
On prend à droite le sentier qui descend vers le torrent, traverse une passerelle et en laisse une autre sur la droite. Il s'élève vers des portions rocheuses (anciennes traces de balisage bleu), franchit un ou deux ressauts et atteint une première croupe.
2h 15 à 2h 30: Croupe à 1841m
- N42°43'06.0";E000°25'14.4" - d'où le sentier redescend vers un joli plateau, rive droite de la Neste de Clarabide. On reste à l'horizontale avant de remonter un défilé rocheux et d'atteindre une deuxième croupe.
2h 45: Nouvelle croupe à 1913m -, et nouvelle descente vers la Neste de Clarabide.
3h 10: Piquet à 1925m (informations sur la vie des marmottes!)
- N42°42'33.7";E000°26'14.6" -situé juste au-dessus d'un ruisseau qu'il faut traverser. Le sentier, toujours cairné, passe à la base d'un premier torrent. Avant d'atteindre le second torrent, on laisse en face le sentier de Pouchergues pour monter à DROITE en suivant les cairns - N 42°42'34.7" ; EOOO° 26'16.6"- , puis en zig-zag jusqu'à la cabane.

4h environ: Cabane de Prat-Caseneuve, magnifiquement restaurée... et très conviviale, 2020m.
  • 2ème jour: Cabane Prat-Caseneuve (2020m) - PIC DES GOURGS BLANCS (3129m) et RETOUR:
0h 00: De la cabane, on revient au Nord sur le sentier de la veille pendant 150m environ.
On prend à droite (ENE) le sentier qui monte au Lac de Pouchergues et passe sur l'autre rive (N 42°42'22.9"; E 000°26'38.7"). On suit la sente cairnée qui contourne le lac par sa rive droite Nord.
De l'extrémité du lac, on se dirige ensuite à l'Est-SE au milieu de blocs rocheux, avant de monter en direction du torrent et des 2 cascades situées au-dessus.
1h: Le sentier s'élève en zig-zags en direction des cascades sans les atteindre, puis s'incurve à gauche, peu avant 2300m.
1h 20 à 1h 30: la voie vient heurter un petit ressaut facile, puis une
petite cheminée bien marquée (2404m) où l'on pose les mains. N42°42'04.0"; E000°27'24.1"- Un gros cairn marque la fin de la cheminée et le début d'une zone  mi-herbeuse, mi-rocheuse.
2h 30: On parvient près du lac de Clarabide (2648m) que l'on laisse à droite en contrebas
: N42°41'59.2"; E000°27'38.6", et on grimpe en face sur de gros blocs. Le Port de Gias apparaît vers l'Est, au-dessus d'une raide pente d'éboulis de couleur grise. Les premiers cairns se situent dans des blocs rougeâtres, à gauche du pierrier gris.

La sente, raide et parfois fuyante mais bien marquée,  grimpe rudement jusqu'à une dernière cuvette garnie d'un névé, à 2802m. NB: mieux vaut éviter de traverser le névé qui précède un entonnoir raide et fuyant (que j'avais testé pour  les  Pics de Clarabide ...)
En suivant les cairns, on s'élève alors en écharpe à GAUCHE du névé, puis sur une vire que l'on remonte  jusqu'à une zone moins pentue -N 42° 41'56.1"; E000°28'09.3"- située juste sous le col.
3h 15 à 3h 30: Port de Gias ou Port supérieur de Pouchergues, 2921m - N 42°41'53.2"; E000°28'14.5".
On s'élève à GAUCHE (Est) en direction de la Pointe Lourde-Rocheblave sur une sente cairnée.
IMPORTANT: Après 10 mn environ, à 2973m, cairn- N 42°41'55.8"; E000°28'20.1"- se présente une trace qui part sur la droite et à flanc plein Est. On la suit grâce aux cairns, toujours en traversée ascendante.
Après 20 mn de progression environ, on atteint une première brèche peu difficile où l'on pose les mains.
La voie descend quelque peu, puis, toujours à flanc vers l'Est, laisse sur la gauche une "fausse" cheminée (1) qui vient de la Tour Armengaud, et vient buter sur une deuxième brèche très raide. Nous avons choisi de l'escalader directement (II à II+, bloc coincé, voir photo).
On passe ensuite une vire un peu exposée et on se rapproche d'une troisième brèche QU'IL N'EST PAS NECESSAIRE DE FRANCHIR.
Juste avant ce point haut, on s'élève à gauche-plein Nord- N 42°41'58.2"; E 000° 28'38.9"- dans la cheminée-couloir bien marquée (voir photo).
En suivant les cairns et en progressant prudemment sur cette paroi rocheuse aux prises franches (II), on atteint le:
4h 30 à 4h 45: PIC DES GOURGS BLANCS, 3129m; N 42°41'59.9"; E000°28'39.9". Panorama immense.

Si l'on revient par le même itinéraire, il faut compter environ 50mn à 1h jusqu'au Port de Gias... avant de s'élancer vers le Pont de Prat, situé près de 2000m plus bas...
  • (1) Cette paroi, très raide et exposée aux chutes de pierres, est parfois confondue avec la "vraie" cheminée des Gourgs Blancs. Nous y avons vu des personnes faire demi-tour.